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Sud Quotidien (Dakar)
Le
rappeur américain d'origine sénégalaise, Souleymane Guissé alias Boy
Julez, a promis d'organiser une série de concerts au Sénégal dont les
recettes seront mises à la disposition d'organismes engagés dans la
lutte contre le paludisme et le VIH/Sida. « Je vais organiser des
concerts après la sortie de mon premier album en décembre et les
recettes serviront à lutter contre les fléaux qui menacent le continent
tels que le sida, le paludisme, mais également à équiper des hôpitaux
et des écoles », a dit l'artiste venu au Sénégal dans le cadre d'une
tournée de deux semaines de prospection.
Dans
un entretien exclusif avec l'Aps, le jeune rappeur (22 ans)
afro-américain a indiqué avoir déjà sorti un single destiné à faire la
promotion de son prochain album qui sera disponible sur le marché
international courant décembre. « Je vais sortir un album international
en décembre », a confié le rappeur le visage enfoui sous une casquette
qui retient mal ses dreadlocks avant de souligner que le single Coming
Soon fait en duo avec le franco-malien Mokobé est déjà disponible sur
le marché.
Souleymane Guissé alias Boy Julez, né au Sénégal
le 4 juillet 1986, est établi depuis plus de 20 ans avec son père aux
Etats-Unis où il a fait ses études dans un collège à New York. Piqué
par le virus du rap, seul métier auquel il s'exerce depuis trois ans,
il fait un duo avec la super star du rap américain 50 Cent par le
truchement de Dj Khooki D, un détecteur de talents. Boy Julez a aussi
été récemment sélectionné dans un mixtape qui récompense toutes les
semaines 25 superstars aux USA.
S'agissant de
son prochain album intitulé Surprise, Boy Julez revendique, à son corps
défendant, l'avoir travaillé dans un style hardcore en véhiculant des
messages positifs, « à la différence de certains rappeurs qui font dans
le gangsta, ou de la musique provocante, voire insultante ». Le rappeur
d'origine sénégalaise dénonce, à travers sa musique, la ségrégation
raciale qui sévit aux USA et qui y existe encore.
Cela
dit-il, malgré la renaissance de l'espoir suscité par la candidature à
la Maison Blanche du sénateur noir Barack Obama. Selon lui, le triomphe
du rêve des Noirs américains est encore possible, parce que Barack
Obama constitue « un espoir sûr et une valeur certaine » pour les
populations noires américaines qui croient en son sacre.
Boy
Julez soutient également être revenu au Sénégal dans l'optique de se
faire connaître du public sénégalais, mais aussi pour se ressourcer.
Pour ce faire, le rappeur compte s'appuyer sur l'expertise et
l'expérience de Mokobé qui, à l'en croire, « est très connu du public
africain ».
Des projets pour son pays (le Sénégal), Boy Julez
affirme en avoir, annonçant l'érection prochaine d'un studio pour aider
les rappeurs sénégalais. Mais il dit ne pas avoir de projet immédiat
pour jouer en duo avec des rappeurs sénégalais, arguant la différence
linguistique qui sépare les deux continents. « La plupart des rappeurs
d'ici parlent le wolof, une langue pas du tout connue aux USA et qui
constitue une barrière fondamentale dans l'approche » a-t-il dit.
Sur
ses rapports avec son compatriote Akon, il souligne l'avoir rencontré
une fois et échangé son numéro de téléphone avec lui dans la
perspective de le revoir et envisager dans quelle mesure ils allaient
faire un flow ensemble.
Une chose qui ne s'est
pas concrétisée pour diverses raisons. « Akon est une star
internationalement connue qui joue du rap pur et dur, il est très
sollicité par beaucoup d'artistes, alors que moi je viens de percer
dans cette jungle et joue du hardcore », souligne l'artiste qui promet
toutefois de le relancer à la première occasion.
Produit par la firme B label dirigée par le
Suisse Carlos, Boy Julez annonce un plan-programme apte à l'aider pour
la promotion de son prochain album et au financement de ses projets à
caractère social pour le Sénégal.
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