Dans le milieu du rap, l’année 2003 a été marquée par la sortie du premier groupe de rap féminin en guinée, Ideal Black girl. Depuis lors, beaucoup de filles tentent leurs chances à travers cette forme de musique.
Ce groupe qui a fait tabac, est depuis, dans un long silence. C’est pourquoi, il fait son retour sur la scène. A cet effet, nous avons rencontrés Hadji et Miss Bah pour vous, afin de parler de leur travail.
La plume plus : pour le plaisir de nos lecteurs, déclinez-nous l’identité de votre groupe.
Hadji : Ideal Black Girl est composé de quatre filles dont moi Hadji, Miss Bah, Nat et Dine, c’est le premier groupe de rap féminin de guinée. Le groupe a été créé en 1997 à Conakry, nous avons sortis un premier album en 2003 et depuis le 3 mai le deuxième est déjà dans les bacs.
Parlez-nous de votre début dans cette carrière
Miss Bah : au début c’était un groupe de danse, il y avait Hadji et moi, on faisait parti d’un groupe appelé TLC, les deux autres faisaient des chœurs avec d’autres chanteurs. On était des copines au collège, on a commencé la danse et arrivée au lycée, nous avons jugés nécessaire de faire la musique. A l’époque de TLC on dansait sur ce que les autres chantaient.
Pour vous, qu’est-ce qui a fait le succès de votre premier album ?
Miss Bah : au fait, l’album était très bien parce que l’œuvre a été appréciée par le public, surtout que c’était la première fois que des filles se retrouvaient dans ce milieu. C’est ce qui explique l’engouement par rapport à l’album composé de dix titres, il y avait Didi et magnakhè et l’album lui-même portait le titre de ‘’ Guinéya mou mönëra’’ (être femme ne constitue pas un complexe).
Avez-vous après cela effectués des tournées ?
Hadji : nous avons fait pas mal de festivals, nous avons participés à deux événements à Dakar ‘’ banlieue rythme’’. Nous avons aussi été invités à trois reprises à : Africa chœurs, mais aussi à Ouagadougou pour le festival Ouaga hip hop. Nous avons également joués à Bamako, en Sierra Leone, au Gabon et tout dernièrement, moi j’ai été choisie pour un atelier de musique en Espagne. Voila, ce sont quelques unes de nos tournées.
Quel rapport y’ a-t-il entre vous et les autres rappeurs ?
Hadji : ça se passe très bien entre nous, les hommes sont nos frères et les filles nos sœurs. Nous sommes ouvertes à tout le monde, nous ne nous gonflons pas. Les idées des autres sont bien accueillies chez nous et nous évitons les faux problèmes parce que dans ce milieu il n’y a pas que du bien.
Qu’est-ce qui explique votre long silence ?
Miss Bah : le motif premier est le suivant, si le public a apprécié le premier album c’est qu’il a connu une bonne préparation. Donc, pour faire le second produit, il faut aussi bien travailler. Le facteur temps a joué sur nous, il y a eu des tournées et nous n’avons pas eu suffisamment de stabilité pour faire le travail. Le second motif, notre copine Nat s’est mariée et n’a fait que neuf mois dans son foyer. Elle a perdu son époux, c’était l’ensemble du groupe qui était en deuil et dans ce cas, il fallait la supporter dans la douleur, tout cela a retardé l’album.
Pourquoi le titre Fan’s pour votre deuxième album ?
Miss Bah : comme je viens de le dire l’album a un peu retardé parce qu’on le travaillait. Pendant tout ce temps, il y avait nos fans qui étaient là pour nous, qui continuaient à nous supporter, à nous appeler, à réclamer l’album à chaque fois. Donc nous avons préférés leur dédier cet album.
A ce jour, est ce que vous avez des projets et surtout pouvez-vous nous évoquer les préparatifs de votre sortie ?
Hadji : l’album a été réalisé à Dakar, nous avons eu à faire deux clips là-bas. Nous nous préparons petit à petit, il y a Nat qui vient pour la sortie, cela montrera à ceux qui disent que le groupe est scindé que la réalité est autre. C’est des histoires, ils le verront bien au mois de mai.Vous savez, il y a un public qui nous attend, qui a toujours été fidèle, alors nous ne voulons pas le décevoir. Pour la dédicace, c’est New Feeling communication qui s’en charge et nous les filles sommes entrain de bien nous préparer, en tout cas il y aura beaucoup de surprise Inch Allah.
En tant qu’éléments du hip hop guinéen, que pensez-vous du rap de notre pays ?
Hadji : ça m’inquiète un peu parce que jusqu’à présent il y a nos frères qui n’arrivent pas à se comprendre. Ils ne se donnent pas à fond pour sortir un album, ils veulent juste se faire voir. Il y a aussi la haine qui nous fatigue. A part cela quelques éléments sont bons tels que Takana qui fait la fierté de la guinée, je peux citer aussi Elie Kamano, Degg g force3 qui va sortir bientôt, Silatigui, Methodik…voila il y en a qui sont bons, seulement il faut beaucoup faire attention. Dans les autres pays où nous sommes passés, les gens disent toujours que le guinéen a de l’énergie sur scène, c’est pourquoi il faut travailler pour pouvoir respecter ce que les autres disent de nous.
Votre mot de la fin
Miss Bah : je remercie nos fans qui nous ont beaucoup supporté dans les moments difficiles, nous remercions nos parents de près ou de loin et big up à tous les internautes de rap de guinée. Merci !
Entretien réalisé par Amadou Barry,Tel :
64.75.33.58 baryamad@yahoo.fr
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