Aujourd’hui le rap guinéen prend de l’ampleur malgré les énormes difficultés rencontrées par les artistes. Ces problèmes ont pour noms : manque d’assistance, trahison de la part des producteurs. A cet effet, nous avons rencontrés certaines vedettes du rap qui nous parlent de leur vie…
Barkley de Mic Wo Rap : mon vrai nom est Diallo Rafiou leader du mouvement Mic Wo Rap et élément de Diaspora. Nous avons eu beaucoup de succès avec l’album Mic Wo Rap qui est sorti depuis juillet 2005. Il a beaucoup cartonné avec plus de 30.000 exemplaires vendus en guinée et même au-delà de nos frontières. Cette compilation a fait la promo de tout le groupe du mouvement tels que : Riborichi, Démonix, Rasta Kouzé, Flamme G, Disapora…pour ne citer que ceux la. En fait, si vous entendez parler de Diaspora, c’est grâce à la compilation. Pour ce qui est des difficultés, il nous fallait déplacer les artistes de l’intérieur du pays vers Conakry pour la réalisation de l’album. On n’avait personne pour nous aider, alors nous nous sommes autoproduits nous-mêmes grâce aux shows, aux kermesses, aux concerts. Vous n’êtes pas sans savoir que la guinée n’est pas comme le Sénégal ou le Mali, ici les autorités ne s’intéressent pas au rap, parce que les artistes dénoncent les fléaux de notre société.
Bozik : je m’appelle Cissé Mohamed du groupe Diaspora. Mon analyse sur le rap est qu’il est dur d’exercer ce métier. Mais nous les rappeurs sommes déterminés et nous irons jusqu ‘au bout. Côté succès, la compilation Mic Wo Rap m’a donné beaucoup de courage et cela a renforcé ma détermination à travailler de plus pour que l’album que nous préparons soit meilleur.
Bob G de Rasta Kouzer de Labé : je m’appelle Boubacar Sow. Je reviens du Sénégal où j’étais parti pour l’enregistrement de mon album. Je bossai avec un ami du nom de Aladji Man avec qui j’ai fait mon premier album et qui n’a malheureusement pas pu effectuer le déplacement sur Dakar pour le second album. Donc je l’ai fait tout seul. Actuellement je suis dans l’attente d’un producteur qui pourra faire la duplication. Mais il est très difficile de trouver une aide quand on est dans l’ombre.
Snoop Dog de Communauté Ninja : mon nom est Ibrahim, j’ai déjà mon premier album sur le marché ‘’ Konkoli Kinfe’’ avec mes éléments : Stenza, Chérif, Hassane G et Kémo. J’ai fait également un featuring avec Elie Kamano et d’autres rappeurs. J’ai participé aussi à la compilation Natural Hip Hop et mon groupe a eu le prix de la meilleure participation. Pour moi, le rappeur est celui qui se demande qu’est-ce qu’il a fait et qu’est-ce qui lui reste à faire.
Abdoul Jabbar : je m’appelle Abdoul Karim Diallo dit Abdoul Jabbar, je fais du reggae et je réside en guinée. Vous savez, la musique en général c’est de la galère. Il faudrait qu’on mette des structures de base pour soutenir les artistes. Depuis le temps du premier régime, c’est la même chose qui continue et il faudrait qu’on mette fin à cela. Il n’est pas souhaitable de voir un artiste demander du soutien lorsqu’il tombe malade, ça devait être le rôle de la structure. Notre culture est très riche, donc on doit la vendre ailleurs. Le défaut du guinéen, c’est qu’il ne bouge pas. Nous sommes enfermés sur nous-mêmes.
Rapports avec Elie Kamano, Takana et autres : j’ai de bons rapports avec tous les artistes de chez nous. Nous faisons tous la même chose, donc nous avons intérêt à avoir d’excellents rapports, à s’unir. Si vous voyez que le reggae n’a pas pris de l’envol en 2000, c’est parce qu’il y avait une guerre de leadership entre Alpha West et Dady Cool. C’est cette raison qui fait que nous, nous éloignons de telles choses. Mais moi Jabbar je ne fais pas la musique pour être premier. Tout ce qui compte c’est le bon travail car seul le travail paye.
Ouz B : je m’appelle Diallo Thierno Ousmane communément appelé Brohetr Ouz B. j’ai débuté la musique en 1996, j’ai rencontré pas mal de difficultés, néanmoins je peux dire que le rap marche. Au début, j’ai eu du succès avec mon album, tout cela a été rendu possible grâce aux bonnes volontés. Après j’ai fait des tournés à l’intérieur et tout récemment j’étais en Gambie. Pour ce qui est des rappeurs, ils se démerdent, pour preuve je viens d’assister à la sortie du groupe T-Action.
Hakil Free : mon nom est Diaouné. Ce que j’ai à dire, c’est que le studio est très cher même si vous avez votre album, il vous sera difficile d’avoir un producteur. Dans ces conditions, le produit risque de périmer avec vous. Il y a aussi les managers et producteurs qui trompent les artistes à chaque fois. On parlait de shows biz, maintenant on parle de shows Baise. Le problème est qu’il n’y a pas de syndicat de rap en guinée et d’ailleurs les rappeurs ne sont pas unis.
Millimono : je fais la terminale au lycée de Kipé et je suis membre fondateur du groupe de danse Firsty créé en 2001. Aujourd’hui les danseurs sont considérés comme des hors la loi. Pourtant, c’est plutôt le contraire, nous travaillons à la valorisation de notre culture. Quand nous parlons de financement, ce n’est pas seulement du côté danse, le gouvernement ne subventionne pas.
En 2005 j’étais membre du groupe Instinct Killers, j’ai passé une bonne partie de ma carrière dans ce groupe. Ensemble nous avons fais du concret, mais vous savez dans la danse, il faut qu’il y ait l’harmonie. Une société quelque soit son potentiel, s’il n’y a pas d’harmonie, elle est appelée à disparaître. Entre nous il y a eu la rupture. Je pense qu’à ce niveau il faudrait que les journalistes arrivent à nous aider, parce qu’à nous seuls c’est sera difficile. J’appel donc tous les danseurs à s’unir et je demande aux personnes de bonne foi de nous assister.
Source :la pume plus
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